15.09.2007

Quel avenir pour les énergies renouvelables

Aujourd’hui, la majorité scénarios prospectifs (même modérés) annoncent une croissance progressive des énergies vertes. Elles pourraient atteindre entre 15% et 20% des énergies produites d’ici 2050. Les experts sont en revanche plus sceptiques sur la capacité des énergies solaires ou éoliennes à dépasser cette part de marché sur le long terme compte tenu de leur productivité insuffisante par rapport à la croissance des besoins.
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Documents WEC/IIASA et Stockholm Environment Institute adaptés par l'auteur

Ce qui n’empêche pas le leader de l’énergie et du nucléaire Areva de s’intéresser de très près à ces énergies propres en proposant notamment de racheter le fabricant d'éoliennes danois Bonus en 2003. L’Etat, propriétaire à 95%, a mis son veto jugeant le montant de transaction trop chère. Valorisé à l'époque 350 millions d'euros, Bonus vaut aujourd'hui un milliard d'euros. Libération relate aujourd’hui la 2ème tentative du groupe de développer ses activités vers les énergies propres : « Actionnaire à hauteur de 29,9 %, Areva décide en janvier 2007 de lancer une OPA amicale sur le reste du capital de REpower (450 personnes). » Mais là encore, suite à un renchérissement du groupe indien Suzlon, Bercy reste encore mitigé sur sa décision invoquant le risque d’une bulle verte.

A lire également l'interview «Dans cinq ans, la bulle verte sera explosive»

05.09.2007

Google Solaire

Si l'on peut donc considérer que les américains ont du retard en matière d'adaptation de l'économie aux défis du développement durable, il serait imprudent de sous estimer leur capacité d'action et de rattrappage. Le pragmatisme est roi au pays de l'Oncle Sam. Quand il faut mettre les moyens... ils savent le faire. Le meilleur exemple nous est donné récemment par l'entreprise Google.

medium_solar.gifNon content d'être à la pointe de la technologie web, Google s'investit à travers google.org dans des missions à caractère humanitaire, de santé et environnementale. C'est dans le cadre de son projet de lutte contre le changement climatique que Google a installé depuis octobre 2006, sur son site en californie, sur le toit de ses bâtiments une de plus grandes installation privée de production d'électricité à base d'énergie solaire. Une installation impressionnante à observer dont le suivi est accessible directement on line. Vous y trouverez notamment des équivalences assez drôles sur le nombre de machine à café que l'énergie produite pourrait faire fonctionner. Dans la même veine, Google a lancé une initiative dite "Rechargeit.org". Le principe est connu. Il s'agit de mixer Essence et Electricité sur la motorisation d'une voiture. La spécificité serait de fournir cette électricité uniquement par du solaire.

Bref, ce rescapé heureux de la "Nouvelle économie" se positionne déjà sur un secteur qu'on n'hésite pas à désigner comme la nouvelle "nouvelle économie" quitte à évoquer une "bulle verte" par référence à la bulle des nouvelles technologies qui a éclaté au début des années 2000. Une évolution à suivre de près.

Sources : Croissance verte - Ecrit par Olivier Bazin

15.02.2007

Rumeur et installation photovoltaïque

Une rumeur circule selon laquelle les particuliers qui choisissent la vente de la totalité de l’électricité produite par leur installation photovoltaïque ne pourraient pas bénéficier du crédit d’impôt.

 

Malheureusement, un manque de concertation entre les acteurs lors de la rédaction des textes de loi relatif au crédit d’impôt avait abouti à un texte qui avait pour conséquence d’exclure le photovoltaïque raccordé au réseau du champ d’application. Les services des impôts (centres locaux et la direction de la législation fiscale) ont interprété les textes en admettant une tolérance pour les installations en vente du surplus.

 

Depuis mi novembre plusieurs courriers adressés à des particuliers et signés d’une sous direction de la Direction de la Législation Fiscale vont dans ce sens, même si ils sont parfois difficiles à interpréter.

 

Hespul, de même que les autres représentants de la filière, a fait part de son inquiétude sur ce sujet à la Direction de la Législation Fiscale et aux autres administrations. Vous pouvez lire notre analyse du sujet.

 

Compte tenu des enjeux et de la volonté politique exprimés au sujet du photovoltaïque raccordé au réseau, nous sommes confiants dans une résolution rapide de cette situation inattendue.

 

En attendant, nous vous invitons à la patience, et surtout, comme toujours, nous vous rappelons de ne pas faire de demande écrite a vos centre locaux des impôts à ce sujet. En effet, chaque réponse écrite augmente le poids de l’argumentaire dans le mauvais sens, et alourdira le travail de la Direction de la Législation Fiscale lorsque la nécessaire clarification sera enfin publiée. 

 

Sources :  HESPUL - ENERGIES RENOUVELABLES ET EFFICACITE ENERGETIQUE

08.02.2007

Avec BERCY, le solaire trépasse

Communiqué
 
Eric Delhaye porte-parole de CAP 21 s'étonne des dispositions fiscales de Bercy pour réduire la portée du crédit d'impôt décidé par le gouvernement en faveur de l'énergie solaire.

En effet selon l'interprétation de l'article 200 quater du Code Général des Impôts donnée par le Ministère de l'Economie et des Finances, un particulier qui investit pour sa résidence principale dans des panneaux solaires n'a pas droit au bénéfice du crédit d'impôt si celui-ci revend plus de la moitié de sa production d'électricité solaire à un fournisseur d'électricité.

Cette disposition se trouve ainsi en totale contradiction avec la déclaration du Premier Ministre du 15 mai dernier sur la politique énergétique annonçant l'augmentation du tarif d'achat du Kwh solaire couplé avec le crédit d'impôt pour faire décoller le photovoltaïque en France. Ce que le gouvernement donne du main se trouve repris par le fisc de l'autre.

Pour Corinne LEPAGE, cette disposition est inadmissible à l'heure où les experts internationaux du GIEC réunis à Paris s'apprêtent à sortir un rapport de synthèse particulièrement alarmiste sur le réchauffement climatique qui nécessitera des décisions volontaristes pour adapter nos sociétés à la réalité du changement climatique. On ne peut adopter une posture écolo d'un côté et laisser l'administration agir dans le sens contraire de l'autre.

CAP 21 demande l'arbitrage du Premier Ministre pour modifier ce barrage fiscal au développement du solaire.
 
Communiqué : CAP 21 - 1 février 2007 

06.11.2006

L’avenir de l’énergie solaire en Chine

L’industrie solaire a enregistré des taux de croissance supérieurs à 30% ces trente dernières années et les marchés des titres ont vu une forte hausse des actions des fabricants de cellules photovoltaïques. Bien entendu, la Chine veut sa part du gâteau.

Il n’est que de voir fleurir les publicités pour des sacs à dos ou des sacs à appareil photo « solaires » pour se rendre compte que l’énergie solaire est devenue un secteur porteur. L’industrie solaire a enregistré des taux de croissance supérieurs à 30% ces trente dernières années et les marchés des titres ont vu une forte hausse des actions des fabricants de cellules photovoltaïques. Bien entendu, la Chine veut sa part du gâteau. En décembre dernier, Suntech Power Holding, le plus grand fabricant de cellules et de modules traditionnels mono- et poly-cristallins est devenu la première entreprise solaire chinoise à être cotée à Wall Street. Le premier appel public à l’épargne (PAPE) a été un succès qui a rapporté 396 millions de dollars et a été considéré comme une avancée majeure pour l’industrie chinoise de l’énergie solaire.

Plus important, étant donné l’énorme capacité de production solaire du pays et le faible coût des unités de production, la croissance remarquable de Suntech et celui d’autres acteurs chinois a convaincu jusqu’aux fervents défenseurs de l’industrie pétrolière de s’intéresser au secteur solaire chinois. Malgré cet enthousiasme cependant, certains experts restent sceptiques en ce qui concerne l’avenir de l’énergie solaire en Chine.
 

Le solaire se vend bien

La Chine n’est bien sûr pas la seule étoile montante de l’industrie solaire mondiale. Solarbuzz LLC, une firme de recherche indépendante basée à San Fransisco, rapporte que les installations mondiales de systèmes photovoltaïques, un indicateur-clé de la taille du marché, ont atteint le chiffre record de 1460 mégawatts en 2005, progressant à un taux annuel de 34%. Dominée par le Japon et l’Europe, la production de cellules solaires a augmenté de 45% pour atteindre presque 1.730 MW, soit six fois le niveau de l’année 2000. Avec un marché pétrolier en difficulté, une demande mondiale en énergie croissante, et des incitations gouvernementales en faveur de l’énergie solaire dans plusieurs pays, la tendance à la hausse du secteur solaire montre peu de signes de ralentissement.

Ce grand appétit mondial a permis à la Chine de faire irruption dans une industrie de 12 milliards de dollars par an. Le pays espère augmenter de manière importante sa capacité de production sur les trois prochaines années. Une chaîne d’approvisionnement entièrement solaire est en train de se mettre en place, depuis le développement de silicium poly-cristallin, un matériau de base, jusqu’à la production de plaquettes, de cellules et de modules. L’année dernière, les trois plus importants fabricants du pays, Suntech, Tianwei Yingli et Chinese Electrical Equipment Group, avaient une capacité de production combinée de cellules photovoltaïques de 300 MW, sur un total chinois de plus de 400 MW.

Après avoir ajouté une nouvelle ligne de photopiles de 30 MW fin 2005, la capacité de production de Suntech a dépassé les 150 MW et continue d’augmenter. « Avec un autre centre de production actuellement en construction à Luoyang, nous espérons que notre capacité atteindra 270 MW fin 2006 », explique Zhang Guangchun, le directeur général adjoint de la société. Pariant sur une forte demande mondiale, pas moins de cinq autres entreprises solaires chinoises veulent lancer un premier appel public à l’épargne dans les 12 prochains mois. Parmi elles, Canadian Solar Inc., basée à Suzhou, et Yingli Solar, dans la ville de Baoding au nord du pays.

La clé de l’accélération de la capacité solaire de la Chine est sa position de fabricant à faible coût, un facteur qui permet aux sociétés de réaliser de meilleures marges que leurs concurrents mondiaux. En plus du prix de la main-d’œuvre beaucoup moins élevé, les entreprises chinoises bénéficient de l’expansion de l’industrie manufacturière locale qui procure des équipements solaires pour une fraction du prix facturé par les fournisseurs étrangers.

 

Pénurie de silicium ?

L’augmentation mondiale de la demande en énergie solaire a cependant déclenché une pénurie de matières premières. En 2004, environ 65% de la production de silicium poly-cristallin était destiné à la fabrication de semi-conducteurs, la moitié seulement allant aux cellules solaires. Le silicium cristallin est la principale matière première entrant dans la fabrication de 94% des cellules solaires. Au final, la croissance de l’industrie photovoltaïque dépendra de la quantité de silicium poly-cristallin disponible.

Les experts ne sont pas tous d’accord sur cette disponibilité. Piper Jaffray, une firme de courtage offrant la panoplie des services financiers basée à Minneapolis, a estimé que seulement 13.000 tonnes de cette matière seraient disponibles pour la production de cellules solaires cette année, une quantité limitant la croissance globale de l’industrie à environ 5%. Un rapport plus optimiste d’International Capital Corporation Ltd, estime la croissance globale du secteur photovoltaïque à un peu moins de 25%, avec une production de silicium poly-cristallin de 31.500 tonnes. Quant à Micchael Rogol, de CLSA Asia Pacific Market, il anticipe une forte croissance pouvant atteindre 35%. Cependant, avec la multiplication par deux du prix contractuel du silicium poly-cristallin passé de 30 dollars le kilo en 2003 à 60 dollars le kilo en 2005, il est clair que toute entreprise photovoltaïque n’ayant pas un contrat à long terme pour cette matière, et c’est le cas de la majorité des sociétés chinoises, risque d’être évincée du marché.

Sichuan Xinguang est la plus grande base manufacturière de silicium poly-cristallin de Chine, avec une capacité prévue de production de 1.250 tonnes pour 2008 selon Securities Market Weekly. Cependant, alors que la principale installation de production est toujours en construction, seuls deux autres fabricants chinois produisent actuellement cette matière : Emei Semiconductor Materials Plant & Institute, d’une capacité annuelle de 100 tonnes, et Luyang Zhonggui, qui n’a commencé à produire qu’en décembre dernier avec une capacité de 300 tonnes.

Ces difficultés d’approvisionnement ont fait monter les prix du silicium poly-cristallin pur jusqu’à 200 dollars le kilo sur le marché chinois. Le fabricant de photovoltaïques Tianwei Yingli est particulièrement inquiet du manque de matières premières, en particulier suite à la récente signature de contrats lucratifs avec deux sociétés allemandes. Le fabricant chinois prévoit de livrer des modules d’une capacité totale de 162 MW à Maaß Regenerative GmbH sur les cinq prochaines années et 4 mégawatts de modules cristallins à Phönix SonnenStrom AG pendant l’année financière actuelle. Cependant, selon Securities Market Weekly, la firme prévoit une pénurie de matières premières pouvant aller jusqu’à un tiers de ses besoins en 2006.

Le principal concurrent de Tianwei Yingli, Suntech, se prépare activement à la concurrence. Ingénieur confirmé et directeur général adjoint, Guangchun Zhuang précise : « Suntech est présentement en attente d’une certification par un laboratoire spécialisé. Cette certification lui permettra de pénétrer le marché américain cette année. » En attendant, la compagnie affirme qu’elle compte utiliser les $100 millions des fonds de son offre initiale d’achat pour les consacrer à l’acquisition de matières premières.

Futur trouble

Il se pourrait que le marché chinois ne soit pas aussi réceptif à l’énergie solaire que l’espèrent ces sociétés. L’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis représentaient jusqu’à 90% des installations de photovoltaïques sur le marché mondial fin 2005. Une grande partie de cette activité a été entraînée par des programmes d’incitation gouvernementaux. Des banques allemandes avaient approuvé des prêts pour plus de 250 MW de systèmes photovoltaïques fin 2003 et, en Espagne, le gouvernement a subventionné des projets photovoltaïques à hauteur de 230 millions de dollars en 2004. Aux Etats-Unis, le programme d’incitation de 3,2 milliards de dollars California Solar Initiative prévoit 3.000 mégawatts d’installations solaires sur un période de 11 ans. Pour aider à satisfaire la demande internationale, Tianwei Yingli a reçu un nombre grandissant de commandes en provenance d’Autriche et d’Espagne cette année.

A titre de comparaison, l’industrie solaire domestique chinoise est dans une situation plutôt inhabituelle : plus de 90% des matières premières sont actuellement importées alors que 90% de la production est exporté. La faible demande locale est liée à la fois à l’approvisionnement en matières premières, limité, et au coût de production, élevé. En général, l’électricité photovoltaïque est beaucoup plus chère que l’énergie dérivée de carburants conventionnels ; en Chine, elle est presque 10 fois plus coûteuse que l’énergie issue du charbon. Le solaire ne représente donc qu’une minuscule partie de la stratégie à long terme du pays concernant les énergies renouvelables - seulement 2.000 MW de production électrique au total en 2020, comparé à 20.000 MW pour l’énergie de biomasse et 30.000 MW pour l’énergie éolienne.

Les régulations et les incitations du gouvernement sont nécessaires pour que les énergies renouvelables soient adoptées et pour stimuler le développement d’industries nouvelles comme celle de l’énergie solaire. Mais, alors que les analystes étrangers anticipent une plus grande demande chinoise en énergie solaire ces prochaines années, en partie motivée par les nouvelles lois nationales sur les énergies renouvelables, les experts chinois sont plus sceptiques, particulièrement dans la mesure où les détails pour arriver aux objectifs solaires restent vagues. Bien sûr, une restructuration des prix par le gouvernement pourrait changer la donne. « Si nous mettons en place des tarifs en réseau, comme en Allemagne, le marché solaire chinois pourrait sensiblement se débloquer », explique Securities Market Weekly.

 

par Zijun Li traduit de WorldWatch

Zijun Li est membre du Worldwatch Institute China.

02.10.2006

L'énergie solaire ouvre la voie de la révolution énergétique!

Paris, France — Deux milliards de foyers dans le monde entier pourraient être alimentés grâce à l’énergie solaire en 2025, selon un rapport présenté aujourd'hui par l'Association Européenne d'Industrie Photovoltaïque et Greenpeace International.

Liens vers l'article

Sources : Greenpeace 

04.08.2006

Rattraper le retard en énergie solaire

L’Institut national de l’énergie solaire (INES) créé le 3 juillet 2006, aura pour tâche de contribuer à réduire le retard français.

« Un soleil de plomb frappe les panneaux photovoltaïques dressés devant des bâtiments préfabriqués, faisant miroiter les cristaux de silicium dont les électrons, excités par les photons solaires, génèrent du courant. A l’intérieur, trois compteurs accueillent le ministre délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche, François Goulard. Le premier indique la puissance électrique développée par les capteurs : 6,6 kW. Le deuxième l’énergie produite depuis la mise en service de l’installation : 7 334 kW/h. Le dernier la quantité de gaz carbonique qu’aurait émise une énergie équivalente d’origine fossile : 3 887 kg. »

Telle est l’introduction d’un article du Monde du 5/07/06 écrit à l’occasion du lancement officiel de l’INES, un Institut dont les travaux seront financés à 50% par l’Etat, 25% par la région Rhône-Alpes et 25% par le conseil général de la Savoie.

Le Monde rappelle que « la France part de très loin. Fin 2004, ses installations photovoltaïques, en site rural isolé ou raccordées au réseau électrique, ne représentaient qu’une puissance de 26 mégawatts (MW) : 40 fois moins qu’au Japon, numéro un mondial, 30 fois moins qu’en Allemagne, leader européen, 15 fois moins qu’aux Etats-Unis. »

Pour rattraper le retard, le ministre de la recherche estime que les pouvoirs publics doivent conjuguer « trois efforts : une recherche puissante, l’organisation de cette recherche, en l’articulant à l’industrie, et la création d’un marché. »

Sur ce dernier aspect le gouvernement compte les mesures fiscales récemment annoncées : un crédit d’impôt de 50 % sur les nouveaux équipements et une hausse des tarifs d’achat de l’électricité d’origine photovoltaïque.

Pour le reste, c’est la raison du lancement de l’INES qui, à l’horizon 2009 devrait regrouper plus de 200 chercheurs et techniciens du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l’Université de Savoie et du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), qui disposeront d’un ensemble de laboratoires et de bureaux de 12 000 m2.

Ils auront pour tâche de développer des recherches pour réduire les coûts, notamment rendant la fabrication du silicium moins onéreuse ou en lui trouvant des remplaçants (polymères ou nanocomposants) et en améliorant le rendement des installations.

Source : Citron Vert - Auteur : Philippe Ladame

16.07.2006

Une place au soleil pour la cellule photovoltaïque

Des technologies solaires simples et bon marché pour réduire de façon importante une facture de chauffage (voir notre article « Energie solaire et autonomisation des Lakota »), des cellules solaires qui permettraient de doubler, voir de quadrupler l’énergie solaire produite au mètre carré, des financements qui intègrent la lutte contre les réchauffements climatiques : qu’il s’agisse de bio-climatisation (construction en fonction des éléments), de la conversion en électricité de l’énergie solaire (photovoltaïque), ou, plus simplement, du chauffage de l’eau par le solaire, l’observateur attentif comprend rapidement que les potentialités dans le domaine du solaire sont énormes. Nous assistons aujourd’hui - du moins pour ceux ouvrent les yeux sur les progressions du solaire - à la naissance de ce qui sera bientôt une très grande industrie. Les enjeux sont énormes. Pour l’heure la course aux performances dont nous parle le Dr Daniel Lincot dans l’interview que nous diffusons est courtoise et saine. Espérons qu’il en reste ainsi. Il est vrai que la conversion directe en électricité de simples photons a quelque chose de formidable : nous sommes en présence d’une énergie très pure, qui ne nécessite aucune force mécanique ni thermodynamique, ni hydraulique.

 

D’un point de vue historique, c’est le 25 avril 1954 que les responsables du laboratoire Bell présentèrent à la presse une grand roue en miniature activée par un petit moteur électrique, et le lendemain une radio, dont la source énergétique était le soleil : la cellule photovoltaïque moderne, puis bientôt le panneau solaire, étaient nés. Ces cellules photovoltaïques de 1954 étaient déjà 50 fois plus performantes que les celles de selenium conçues dans les années trente. A l’époque, une commercialisation semblait bien difficile. « La raison en est simple » expliquait William Cherry en 1955, un des premiers ingénieurs à s’enthousiasmer pour la cellule solaire. « L’électricité commerciale coûte aujourd’hui 1 à 2 cents par kilowatt heure. La batterie fournit de l’électricité à un coût de 23,70$ par kilowatt heure et le photovoltaïque à 144$ par kilowatt heure ». L’écart était donc abyssal, d’une proportion de 1 à 144000. Aujourd’hui cet écart varie d’1 à 20, voir de 1 à 1, selon les régions et les méthodes de calcul, intégrant ou non le coûts externes de la production d’énergie.

 

Dans ce contexte, comment l’industrie solaire a-t-elle survécue ? En fait, c’est la géopolitique internationale et la course à l’espace qui donneront sa chance à l’énergie solaire. La compétition portait sur la fourniture de l’énergie nécessaire aux communications des satellites. Dans le contexte d’une année géophysique internationale en préparation, une course eut lieu entre « la pile au silicium à l’énergie nucléaire » et la « pile solaire ». Finalement, un groupe de scientifiques américains du civil insisteront sur l’image pacifique du solaire. Hans Ziegler, un ingénieur allemand récupéré par les États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale expliqua : « Tous les efforts étaient faits pour insister sur (...) nos buts pacifiques (...) et pour éviter de donner l’impression que la conception de satellites pour les communications serait le signal de départ d’un nouveau champ de bataille dans l’espace et le début d’une course aux armements qui y serait liée. » Le solaire donnait clairement cette image pacifique, mais après moult oppositions de la part des militaires, ce sont ses avantages techniques qui feront s’imposer la pile solaire. Dix-neuf jours après l’envoi d’un satellite test en 1958, le New York Times, longtemps opposé à la pile solaire, dû se rendre à l’évidence : « Vanguard Radio ne fonctionne plus : les piles chimiques [nucléaires] sont épuisées, mais l’unité solaire fonctionne toujours ». Cela était toujours vrai un an après lors de la commémoration du lancement de Vanguard...

 

Comme me le disait le Dr Daniel Lincot, il faudra bientôt que les sceptiques se rendent à l’évidence : le solaire sera un des grands gagnants de la course aux énergies de substitution. 50 ans après sa naissance dans un laboratoire de la société Bell, tout semble indiquer que la cellule photovoltaïque fera sa place au soleil bien avant de fêter son centenaire.

 

Source : L’état de la planète magazine sur le site http://www.delaplanete.org