20.11.2007

Voitures moins émettrices de CO2 : les constructeurs français sont sur la bonne voie mais peuvent mieux faire.

 

La fédération européenne T&E (Transports&Environnement Europe) a publié jeudi 15 novembre un récapitulatif des émissions de CO2 par constructeur automobile. Les chiffres publiés proviennent de données officielles émises par l'Union européenne sur les ventes de véhicules neufs commercialisés en 2006. Cette étude fournit un état des lieux très utile au moment où le gouvernement français s'est engagé à réduire les émissions du parc automobile français lors du Grenelle de l'environnement.

Au regard des premiers résultats de cette étude, les industries automobiles française, italienne et japonaise ont accru leur avance par rapport à leurs concurrents allemands dans la course vers la construction de véhicules à faible consommation et moins émetteurs de CO2. Parmi les principaux constructeurs automobiles en Europe, les industriels allemands ont aggravé leurs émissions de CO2 des nouveaux véhicules d'en moyenne 0,6 %. Là où les groupes français et italiens les ont réduites de 1,6 % en moyenne, par rapport à 2005. De tous les groupes constructeurs d'automobiles en 2006, c'est Toyota qui a réalisé la meilleure progression avec une moyenne des véhicules vendus émettant 5 % de CO2 de moins que l'an dernier.
PSA Peugeot Citroën (142g/km), Fiat (144g/km) et Renault (147g/km) ont vendu les véhicules les moins émetteurs en Europe en 2006. Le groupe allemand Daimler, construisant des véhicules toujours plus polluants, avec une augmentation de 2,8 % des émissions, reste en dernière position avec 188g/km.

Agir pour l'environnement, France Nature Environnement, Greenpeace, le Réseau Action Climat et WWF invitent les constructeurs hexagonaux à profiter de leur avantage pour œuvrer en faveur d'une réglementation européenne très ambitieuse et garante des grands équilibres climatiques.

Jos Dings, directeur de Transport&Environnement, constate que « le lancement de deux ou trois modèles "Éco" n'est pas un élément suffisant pour résoudre les défis du dérèglement climatique, de l'augmentation du prix du pétrole ou de la dépendance de l'Europe par rapport au pétrole importé ». L'Europe a besoin de mettre en place des normes de CO2 qui s'appliquent à l'ensemble des véhicules et non seulement à quelques modèles servant à sauver les apparences.

Concernant les critères permettant de fixer ces normes d'efficacité énergétique, des études des études réalisées aux États-Unis ont prouvé de manière indiscutable que l'application de normes liées au poids conduisaient à la mise sur le marché de véhicules plus lourds, plus polluants et plus dangereux. Après examen de plusieurs critères alternatifs, le gouvernement américain a décidé, en 2004, de fonder les nouvelles normes d'efficacité énergétique des utilitaires légers sur leur « empreinte au sol ».

Les associations appellent le gouvernement français à peser de tout son poids, en particulier lors de sa prochaine présidence de l'UE, afin que la réglementation européenne actuellement en préparation soit applicable dès 2012 avec un objectif de rejets de CO2 fixé à 120g/km strict pour la moyenne des véhicules commercialisés dans les pays de l'Union européenne.

Bien que cette réglementation européenne soit un progrès, les associations attendent d'autres mesures notamment celle visant à limiter les vitesses autorisées sur les routes et autoroutes. Au-delà de l'amélioration de l'efficacité énergétique des véhicules, la réduction de la demande de transports motorisés (aménagement du territoire, relocalisation des activités, filières courtes, etc.) et le développement des modes de transport sobres en carbone (rail, voies d'eau, transports en commun, vélo) doivent être une priorité pour répondre au défi majeur de réduction des gaz à effet de serre.

24.09.2007

Quelle efficacité pour les éco-labels ?


eb05b5e905a7197972162f9e01992b8b.gifDans la grande distribution, les éco-labels peuvent constituer un effet de levier majeur sur l’environnement en privilégiant les produits qui respectent certaines normes liées à sa conception et/ou à son mode de transport. C’est aussi le moyen de sortir du marché les produits les moins performants à niveaux de prix équivalent.


L’exemple probant de l’électro-ménager

En Europe, depuis 1998, les machines à laver, les réfrigérateurs, les congélateurs et les lave-vaisselles doivent obligatoirement porter des labels énergétiques indiquant les données de leur consommation (électricité et eau) et les prestations de l’appareil selon une échelle d’efficacité énergétique allant de A (consommation moindre) à G (inefficace du point de vue énergétique). Ces labels ont eu un effet redoutable sur les appareils mal notés : en quelques années, les appareils D, E, F et G ont quasiment disparus des rayons.

Un certain succès pour le Energy Star

5d226900ef07fdfb4d3aaf2dc1799062.gifLe label Energy Star connaît un certain succès sur les produits électro-ménagers également et informatiques, principalement aux Etats-Unis. L’agence gouvernementale pour l’environnement, l’EPA, à l’origine de cette initiative, estime avoir fait économiser 10 milliards de dollars en coûts énergétiques dans la seule année 2004.

Et pour les autres produits

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Concernant les autres produits de consommation, il existe l'éco-label européen Ecolabel signalant la certification environnementale pour les produits et les services ayant un impact environnemental moindre. Il s’applique sur une centaine de produits évalués sur l’intégralité de leur cycle de vie (depuis la fabrication jusqu’à leur élimination en passant leur utilisation).

De nombreux autres labels existent pour certaines niches de produits comme les cosmétiques (Label Comsebio), pour les produits recyclés ou recyclables, pour l’agriculture biologique (AB), pour le papier recyclé (FSC),etc. Chacun de ces labels connaissant un succès relatif dans sa catégorie en terme de reconnaissance et d'efficacité. (en savoir plus  sur ekopedia)

Les étiquettes comparatives : un facteur clé de succès

On peut ainsi identifier 3 facteurs clés de succès autour de ces éco-labels, à la fois pour l’entreprise qui les exploitent et pour la cause environnementale bien sûr :

  • une image de marque : le label doit être un argument de vente pour le constructeur. Mais dans un contexte de multiplication des labels il devient de plus en plus compliqué pour le consommateur d’identifier et de comprendre ces étiquettes
  • des coûts de normalisation limités : chaque label a un coût pour le producteur ou le fabriquant soumis à un certain nombre de normes. Il doit être le plus faible possible d’autant que l’entreprise a généralement déjà beaucoup investi dans l’amélioration de son outil de production.
  • des étiquettes comparatives : le label type AB pour l’agriculture biologique a l’avantage de valoriser le produit. S’il représente un avantage compétitif certain, il justifie surtout un prix plus élevé ce qui en fait une catégorie de produit à part (haut de gamme) et qui cohabite parfaitement avec les produits non soucieux de l’environnement. Les étiquettes comparatives comme les notes A, B,…E, F pour l’électroménager permettent en revanche aux consommateurs de comparer les produits entre eux indépendamment du prix (ou presque) au sein d’une même catégorie de produits; les produits les moins verts sortent ainsi du marché quasi mécaniquement

Une vaste opération d’étiquetage pour les supermarchés Casino

 

Le distributeur Casino va ainsi bientôt opté pour des étiquettes comparatives sur les 3000 produits que compte la marque, grâce à un code couleur allant du rouge au vert. Le consommateur verra alors l'impact environnemental du produit qu'il souhaite acheter. Suite à ce travail de traçabilité réalisé par la société Bio Intelligence Service, spécialiste en la matière, l’enseigne a déjà abandonné d’elle-même la fabrication d’un cabillaud qui parcourait 27 000 km avant d’arriver dans le rayon ! (vu sur TF1)
Auteur : Marc-Antoine Franc
Source : Croissance Verte 

Deuxième édition d'Écolo Watt : EDF est le fournisseur d'électricité qui respecte le moins l'environnement !

 

Trois mois après l'ouverture à la concurrence du marché français de l'électricité, Greenpeace publie la 2e édition d'Écolo Watt1, un classement des fournisseurs en fonction du caractère écologique de leurs offres et de leur politique énergétique.

« L'objectif d'Écolo Watt est double : éclairer le choix des consommateurs soucieux de l'environnement et mettre en valeur les entreprises qui adoptent une démarche résolument écologique par rapport à ceux qui se contentent de montrer patte verte, déclare Frédéric Marillier, chargé de campagne Énergie à Greenpeace. Une distinction nécessaire, à l'heure où l'écologie est aussi devenue un argument marketing. »

EDF : dernier du classement Écolo Watt et roi de l'écologie de façade
Le 22 septembre, EDF entame une grande tournée publicitaire dans huit villes de France sur le thème de la maîtrise de la consommation d'énergie et les énergies renouvelables. « EDF organise une vaste opération de communication pour tenter d'apparaître bien plus vert qu'il n'est : en réalité, EDF est le fournisseur d'électricité qui respecte le moins l'environnement ! », affirme Yannick Rousselet, chargé de campagne Énergie à Greenpeace. EDF échoue en effet à la dernière place du classement Écolo Watt notamment pour cause de démarche totalement opposée à la politique d'efficacité énergétique qu'il prétend mener. EDF fait la promotion du nucléaire, qui incite à la surconsommation, et des appareils très énergivores, comme le chauffage électrique ou les lampes halogènes.

Pour contrer la campagne de désinformation d'EDF, les bénévoles de Greenpeace distribueront Écolo Watt dans toutes les villes où EDF sera de passage, à commencer par Nantes, demain samedi 22 septembre. Rendez-vous à 14 h au centre commercial Atlantis.

Les principaux résultats
  • Sans surprise, Enercoop décroche à nouveau la meilleure note (17,1/20 ; +0,1 point), loin devant les autres. « Cette coopérative se distingue de ses concurrents car elle s'approvisionne directement et uniquement auprès de producteurs d'électricité d'origine renouvelable, et elle investit 95 % de ses bénéfices dans le développement des renouvelables, reprend Frédéric Marillier. Alors que les autres fournisseurs distribuent de l'électricité produite essentiellement à partir du nucléaire. Or ce n'est pas parce qu'elle n'émet pas de CO2 que la technologie nucléaire est respectueuse de l'environnement ! »
  • À noter ensuite la forte progression de Direct Énergie, qui a finalisé son offre durant l'été, ce qui lui a permis de remonter de la dernière à la troisième place, avec une note qui reste cependant médiocre (7,6/20 ;+2,1 points).
  • GEG Sources d'énergies conserve la deuxième place (10,4/20 ; -0,5 point). Tous les autres opérateurs stagnent et réalisent des performances globales mauvaises (Electrabel et Poweo, 7,4/20 ; Gaz de France, 5,8/20), voire catastrophique (EDF, 4,9/20).

La méthode
Écolo Watt classe non pas les diverses offres mais les opérateurs eux-mêmes. C'est en effet au niveau global de l'activité et de la politique des fournisseurs qu'il est pertinent d'évaluer les impacts sur l'environnement et les bonnes pratiques. Un questionnaire a été envoyé à chaque entreprise offrant ses services aux particuliers2. Chaque fournisseur récolte une note sur 20 en fonction de trois critères principaux :
- composition du mix énergétique (répartition par type de sources d'énergie) ;
- politique énergétique (investissements ou non dans les renouvelables) ;
- services et politique commerciale (audit, système tarifaire, maîtrise de la consommation, etc.).
1. Retrouverez le classement Écolo Watt et l'analyse des résultats sur www.revolution-energetique.org, page « Électricité verte », dans la rubrique « Les moyens d'éviter le pire ».


2. Alterna, Direct Énergie, EDF, Electrabel, Enercoop, Gaz de France, GEG Sources d’énergies, Poweo, Proxelia. Faute d'informations suffisantes, Alterna et Proxelia n'ont pas pu être évalués dans Écolo Wat

14.06.2007

Individualisation des frais de chauffage : 5 millions de logements équitables en France, pour une économie possible de 2 milllions de tonnes de CO2 par an.

 
Un système applicable aux logements chauffés collectivement
L’individualisation des frais de chauffage s’adresse aux logements chauffés collectivement, soit potentiellement à près de 5 millions de logements en France (INSEE). Il s’agit, pour un immeuble donné, de poser sur chaque radiateur des appareils qui évaluent le chauffage prodigué. Ils sont loués par des sociétés de services aux copropriétés ou aux sociétés gérantes des immeubles ; ces prestataires assurent leur relève et fournissent au gestionnaire des évaluations de la consommation de chauffage par appartement. Les charges de chauffage sont facturées en fonction des consommations de chacun ; les relevés sont fiables, le système équitable : chacun paye en fonction des calories qu’il consomme.

Des études quantitatives et qualitatives convergentes : les répartiteurs de chauffage engendrent jusqu’à 20 % d’économies d’énergie
Les entreprises assurant ces services, regroupées au sein du Syndicat de la Mesure, ont souhaité rendre publique une recherche soutenue par l’ADEME, Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie, menée de 2004 à 2006 par le COSTIC, Centre d'études et de formation pour le génie climatique et l'équipement technique du bâtiment, et Christophe Bellay, sociologue du CNRS/Certop. Elle démontre que la pose de répartiteurs incite les habitants à moins gaspiller le chauffage, permettant une économie de consommation d’énergie de 10 à 20 % selon les cas. Au total en France, l’équipement de l’ensemble du parc concerné permettrait d’économiser 2 millions de tonnes de CO2 par an (source : Livre Blanc de la profession).

Des lois non appliquées
En dépit des textes législatifs et réglementaires prescrivant ces dispositifs depuis 1974, seulement 10 % du parc des logements concernés est aujourd’hui équipé en France. En Allemagne, pays dont on connaît l’avance en matière de respect de l’environnement, 95% du parc est équipé. Il faut dire que la loi autorise un locataire allemand qui habite un logement non équipé à déduire forfaitairement 15 % du prix de ses charges de chauffage de sa facture.

Il est temps de généraliser l’individualisation des frais de chauffage !
Jean-Louis Plazy, directeur adjoint Air, Bruit et Efficacité énergétique à l'ADEME commente ces études: « il faut absolument que les copropriétés et les gestionnaires d’immeubles HLM chauffés collectivement aient recours à l’individualisation des frais de chauffage : c’est un moyen simple et efficace de faire baisser la consommation d’énergie de façon significative ». Antoine Fernandez, président des prestataires comptage d’eau et frais de chauffage du Syndicat de la Mesure, souligne « notre profession se réjouit de ces résultats. Avec la technologie performante des répartiteurs électroniques de chauffage, nous espérons faire réaliser de substantielles économies d’énergie, comparables aux économies d’eau que permet la pose de compteurs individuels depuis plusieurs années ».

Individualisation des frais de chauffage
=
20 % d'économies d'énergie