21.05.2008

Le biocarburant menace les terres de 60 millions d’autochtones

Selon les participants au Forum permanent des Nations-Unies sur les questions indigènes, qui s’est réuni ces jours-ci à New York, la demande mondiale en biocarburant détruit les terres et les vies des peuples indigènes.

Un rapport présenté au Forum dénonce la recrudescence des ‘violations des droits de l’homme, des déplacements et des conflits provoqués par la spoliation des terres et forêts ancestrales pour y produire du biocarburant’. L’un des auteurs du rapport, Victoria Tauli-Corpuz, présidente du Forum, a déclaré que si elle continue à ce rythme, l’expansion des biocarburants menacera les terres et les modes de vie de 60 millions de membres de communautés indigènes du monde entier.

Le palmier à huile est la plus dévastatrice des plantes utilisées pour produire du biocarburant. En Malaisie, plusieurs millions d’autochtones sont déjà affectés par de telles plantations, tout comme en Indonésie, où plus de 6 millions d’hectares ont été plantés, principalement en territoire indigène. En Colombie, des milliers de familles, la plupart indigènes, ont été violemment expulsées de leur terre pour y cultiver le palmier à huile et autres plantes pour biocarburant.

La Malaisie, l’Indonésie et la Colombie sont en train de planifier l’extension de leurs plantations de palmier à huile. L’Indonésie a annoncé qu’un projet de plantation à Bornéo impliquera le déplacement de près de 5 millions d’autochtones et qu’en Papouasie, 5 millions d’hectares, en majeure partie sur des terres indigènes, ont été réservés à la plantation de palmiers à huile. La Colombie se prépare à en planter 6,3 millions d’hectares, ce qui affectera plus de cent communautés indigènes.

‘Si le gouvernement nous prend nos terres, que nous restera-t-il ? Elles seront détruites par ces plantations’ a déclaré un leader Papou à Survival lors d’une interview.

La canne à sucre, le soja, le maïs, le manioc et la jatropha, une plante d’Amérique centrale, sont également utilisés pour produire du biocarburant. Les Guarani du Brésil ont perdu une grande partie de leur territoire au bénéfice des plantations de canne à sucre, tandis que le gouvernement indien projette de consacrer 13,5 millions d’hectares d’une terre qu’il considère comme ‘vide’ mais dont la majeure partie est habitée par des peuples indigènes.

Stephen Corry, directeur de Survival a déclaré aujourd’hui : ‘Le boom du biocarburant n’a pas seulement de graves conséquences sur l’environnement, la hausse du prix des denrées alimentaires ou la survie des orang-outang – il a aussi un impact dévastateur sur les peuples indigènes. Les compagnies qui promeuvent cette industrie ont réellement la volonté de se débarrasser des peuples indigènes afin d’accaparer leurs terres’.

Communiqué : Survival 

19.05.2007

Biocarburants ou nécrocarburants ?

Séduisants parce qu’ils ne participent guère à l’effet de serre, les agro-carburants sont-ils pour autant une si bonne solution ?

Avec l’augmentation du prix du pétrole et la prise de conscience du fait qu’il s’agit d’une ressource limitée et non-renouvelable, les carburants produits à partir de plantes sont brusquement devenus à la mode (avec quelques nuances toutefois, comme nous l’avons déjà indiqué).

Et, par un joli renversement linguistique, l’usage du terme "biocarburant" s’est répandu à grande vitesse, alors même qu’il s’agit de produire du carburant de manière on ne peut plus extensive et dévoreuse ... d’énergie.

Dans un intéressant article publié le 24 mars 2007 sur le sujet, Dominique Guillet explique ainsi : « Voyez avec nous le désastre. L’ usine de Goldfield transforme tous les ans 450 000 tonnes de maïs (pour produire 190 millions de litres d’éthanol) mais, pour ce faire, elle brûle tous les jours 300 tonnes de charbon (qui arrivent par camion de bien loin) et elle relâche benoîtement du CO2 dans l’atmosphère. (...) Tentons d’esquisser un bilan (provisoire) de la centrale de Goldfield dans l’Iowa. Pour produire 1 litre d’éthanol, il faut transformer 2,37 kilos de maïs, brûler 500 grammes de charbon et utiliser 4 litres d’eau. »

Dominique Guillet s’alarme de la tendance a appauvrir les sols et à espérer compenser par toujours plus d’intrants. « L’affaire est simple : toute biomasse qui est brûlée pour produire de l’éthanol pour les riches est de la biomasse qui ne retourne pas à la terre. Dans un milieu tempéré, il faut 500 ans à l’écosystème pour recréer 2,5 cm de sol, » rappelle-t-il, prédisant, avec Pierre Rabhi, un « tsunami alimentaire » quotidien si l’on va plus avant dans développement massif de la culture des agro-carburants.

On trouve comme un faible écho de ces terribles inquiétudes, dans la consultation lancée par la commission européenne et intitulée « la question des agro-carburants dans la nouvelle législation promouvant les énergies renouvelables ».

Le 10 janvier 2007, en effet, la commission européenne fixait l’objectif que 20% de l’énergie consommée dans chaque pays de l’Union soit d’origine renouvelable. Plus particulièrement pour les carburants, elle posait une contrainte d’utilisation d’au moins 10 % d’agro-carburants, accompagnant toutefois cet objectif de la définition d’un schéma de durabilité (sustainability scheme).

C’est sur ce dernier aspect que les européens sont invités à donner leur opinion via cette consultation, ouverte jusqu’au 4 juin 2007 et qui s’adresse aux autorités publiques, entreprises, organisations non gouvernementales et aux autres parties intéressées, qui sont invitées à répondre à quatre questions :

- comment concevoir un système de viabilité à long terme des biocarburants ?
- comment surveiller l’incidence globale des biocarburants sur l’utilisation des terres ?
- comment encourager l’utilisation des biocarburants de deuxième génération ?
- quelles sont les autres mesures nécessaires pour parvenir à une part de biocarburants de 10 % ?

Le document de consultation (.pdf de 53 Ko) n’est publié qu’en anglais, mais les réponses peuvent être rédigées dans n’importe quelle langue de l’Union. Elles doivent être envoyées à TREN-BIOFUELS-CONSULTATION@ec.europa.eu

Les quatre questions sont tournées de telle manière qu’elles tracent comme horizon incontournable le maintien ou l’augmentation de la consommation de carburant ... mais on n’est pas obligé de tomber dans le panneau.

Sources : Citron Vert

Auteur : Philippe Ladame

16.05.2007

Faites de votre festival un véritable « éco-festival »

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Pour l'excellence environnementale, la Région Poitou-Charentes et l'Ademe ont souhaité accompagner les organisateurs de festivals dans une démarche globale de diminution de l'impact sur l'environnement de leurs manifestations.

Découvrez dès maintenant le Guide des Eco-manifestations en ligne et répondez avant le 15 mai à l'appel à projets pour faire de votre festival un véritable "éco-festival".

POURQUOI UN GUIDE?
L’ADEME et la Région Poitou-Charentes ont mené, avec des spécialistes de l’événementiel et des associations de sensibilisation à l’environnement, un travail de réflexion et d’expérimentation visant à construire des manifestations éco-responsables. Ce travail se concrétise aujourd’hui sous la forme d’un guide des « éco-manifestations » destiné à guider chaque organisateur de manifestation (sportive, culturelle, artistique, salon…) dans la prise en compte pratique et concrète de l’environnement.

En savoir plus sur cette démarche et découvrir le Guide des Eco-manifestations.

APPEL A PROJETS
L'appel à projets quant à lui, est lancé pour inciter les organisateurs de festivals à passer à l'excellence environnementale et leur permette également de sensibiliser le public aux enjeux environnementaux, dans le cadre du Fonds Régional d'Excellence Environnementale. Il cible cinq thèmes principaux, sur lesquels porteront les actions d'éco-responsabilité

* la communication du festival ;
* le transport ;
* les politiques d'achats, de choix des équipements et de prestations ;
* la maîtrise des consommations et la gestion des déchets ;
* la sensibilisation au respect de l'environnement.


Pour la première session 2007, vingt festivals seront soutenus. Date limite de la remise des dossiers pour la première session 2007 : le 15 mai. Cliquez ici pour en savoir plus sur l'appel a projets et monter un dossier de candidature.

Le scénario énergétique du WWF pour 2050 : tout sauf de la science-fiction

 

Une étude du WWF, présentée aujourd’hui à Genève lors d’une conférence de presse, montre que nous avons suffisamment de sources d’énergie et de technologies durables pour endiguer le réchauffement climatique. Mais, il faut pour cela prendre des décisions clés dès les cinq prochaines années.

Le rapport « Vision énergétique du WWF pour 2050 »* répond à la question : Est-il techniquement possible de satisfaire les besoins mondiaux en services énergétiques sans détruire le climat ?

25 solutions énergétiques ou technologiques, déjà disponibles, ont été notées selon des critères écologiques, économiques et d’acceptabilité sociale. Le WWF a intégré les meilleures dans un modèle pour en évaluer le potentiel de développement technologique

Il apparaît qu’il est possible de répondre aux besoins grandissants de l’humanité avec des technologies d’économie d’énergie et des sources véritablement écologiques. Celles-ci permettraient de réduire les émissions de CO2 de 60 à 80 % d’ici 2050 et donc de limiter le réchauffement de la planète à moins de 2°C.

D’ici 2050, selon le scénario du WWF, les technologies d’efficacité énergétique pourraient permettre une économie de 40% de production énergétique, les énergies renouvelables contribuer à hauteur de 43% aux besoins et les énergies fossiles représenteraient les 17% restant à condition que le CO2 soit capté et neutralisé.

Pour que ce modèle devienne réalité, une profonde réforme du système énergétique mondial est indispensable et les mesures clés doivent être prises dans les 5 prochaines années.

Cinq conditions sont incontournables selon le WWF :

-Accroître l’efficacité énergétique pour rendre davantage de services tout en stabilisant la consommation mondiale d’énergie dès 2015.

-Stopper la déforestation, source d’importants rejets de CO2.

-Accélérer le développement des énergies renouvelables les plus durables.

-Privilégier de manière transitoire le gaz naturel plutôt que le pétrole et le charbon.

-Empêcher la construction de nouvelles centrales à charbon si elles ne neutralisent pas leurs émissions.

“Cette feuille de route est ambitieuse, mais c’est la seule qui nous garantisse un avenir sûr et durable. Puisque les cinq prochaines années sont déterminantes selon notre étude, nous attendons du Président de la République française et de notre gouvernement une réelle prise en compte de nos orientations » indique Serge Orru, Directeur Général du WWF-France

 

14.05.2007

Huiles végétales comme carburant : oliomobile

PÉTITION

L'association oliomobile lance une pétition afin de faire légaliser l'utilisation de l'huile végétale pure comme carburant. SOYEZ NOMBREUX À LA SIGNER!

LEGALISEZ L'UTILISATION D'HUILES VEGETALES PURES COMME CARBURANT

 

MÉDIAS

La Commission lance une consultation publique sur les biocarburants (30/04/2007)

 Sources : Oliomobile