16.06.2008

À Poitiers, Greenpeace se mobilise contre le Koleos, le 4x4 de Renault, arme de destruction massive du climat

Poitiers, le 12 juin 2008 – Alors que Renault lance aujourd’hui sur le marché son premier 4x4 baptisé Koleos, Greenpeace se mobilise à Poitiers, mais aussi dans une vingtaine de villes de France. Samedi 14 juin, les bénévoles de Greenpeace vont rendre visite à leur concessionnaire pour « célébrer » avec humour la naissance d’une merveille anti-écologique et « féliciter » Renault comme il se doit pour son engagement en faveur du climat. 

« Le Koleos, c’est l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire. Renault va à contresens de l’histoire, déclare Anne Valette, en charge de la campagne Climat à Greenpeace. À l’heure de la flambée du prix du pétrole et de l’urgence climatique, alors que les consommateurs recherchent plus que jamais des véhicules peu gourmands en carburant et faiblement émetteurs de dioxyde de carbone, quelle mouche pique ce constructeur de lancer un 4x4 qui consomme jusqu’à 10 litres au 100 et émet jusqu’à 237 g de CO2/km ? »

Jusqu’à présent, la marque au losange s’était tenue à carreau et ne s’était pas aventurée sur le segment des « Crossover », ces véhicules taillés pour les expéditions tout-terrain mais utilisés pour les virées au supermarché. Mais avec le Koleos, Renault commercialise une véritable arme de destruction massive du climat. Ce croisement entre une berline et un 4x4 affiche des mensurations impressionnantes : il pèse entre 1,5 et 1,7 tonne, présente un moteur très puissant (150 à 175 chevaux), donc très gourmand (7,2 à 9,9 litres/100 km). Résultat : les dix modèles émettent en moyenne 209 g de CO2/km, d’où un malus de 750 à 1 600 €.
 
« Samedi 14 juin, les bénévoles de Greenpeace vont dénoncer avec humour le double jeu de Renault. D’un côté, ce constructeur communique tous azimuts sur son label "Eco 2" et, de l’autre, il commercialise une arme de destruction massive du climat et reste solidaire des constructeurs allemands qui, à Bruxelles, mettent tout en œuvre pour torpiller les négociations en cours sur la future réglementation visant à limiter les émissions de CO2 des voitures neuves », dénonce Anne Valette.

Cette future réglementation européenne constitue l’un des dossiers majeurs qui devrait être bouclé d’ici la fin de l’année sous présidence française de l’Union. Suite au lobbying de l’industrie automobile européenne, constructeurs allemands en tête, l’ambition du texte a été réduite à peau de chagrin. Et l’accord conclu entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel le 9 juin fait figure de coup de grâce. D’ici la fin de l’année, les autres États membres de l’UE ainsi que les députés européens examineront le projet de réglementation. Greenpeace les appelle à rejeter le déplorable compromis franco-allemand et à amender le texte qui, pour être à la hauteur du défi climatique, doit notamment :

- limiter la moyenne des émissions à 120 g de CO2/km d’ici à 2012, et à 80 g/km d’ici à 2020 ;

- comprendre des pénalités immédiatement dissuasives (150 € pour chaque gramme de CO2 supplémentaire, pour chaque véhicule vendu), seule garantie que les constructeurs respecteront les nouvelles normes.

Source : Greenpeace Poitiers

21.05.2008

Captage et séquestration du carbone : un remède pire que le mal

Piéger le CO2 et le stocker sous la mer ou dans la terre... L'idée pourrait sembler séduisante, mais le captage et la séquestration du carbone (CSC) posent de nombreux problèmes listés dans un nouveau rapport publié par Greenpeace le 5 mai et intitulé « Faux espoir. Pourquoi le captage et la séquestration du carbone ne sauveront pas le climat ».

Selon ce rapport, la technologie du captage et de la séquestration du carbone (CSC) :
- ne sera pas prête à temps pour éviter les pires impacts des changements climatiques. Cette technologie ne sera pas disponible à grande échelle avant 2030. Pas question d'attendre jusque-là ! Selon le Giec, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent diminuer à partir de 2015.
- gaspille l'énergie et réduit l'efficacité des centrales : si on adopte cette technologie, 10 à 30 % de combustibles fossiles supplémentaires devront être brûlés pour arriver à produire la même quantité d'énergie. À grande échelle, voilà qui risquerait d'annuler les gains d'efficacité des cinquante dernières années et augmenter d'un tiers la consommation des ressources.
- coûte très cher. Il risque de doubler le coût de fonctionnement d'une centrale et, par conséquent, d'aboutir à une augmentation du coût de l'électricité de 21 à 91 %. De plus, les sommes consacrées au CSC réduiront d'autant les investissements pour les solutions durables aux changements climatiques.
- présente de nombreux risques. Il est impossible de garantir un stockage sûr et permanent du CO2. Cette technologie constitue une menace pour la santé, les écosystèmes et le climat. L'importance de ces risques reste difficile à cerner précisément, mais stocker du carbone sous les mers risque par exemple d'accélérer l'acidification des océans et de nuire à de nombreux organismes, voire à des écosystèmes entiers, situés à proximité des zones d'injection.

Au lieu d'investir de l'argent public dans un « remède » qui pourrait s'avérer pire que le mal, les décideurs politiques doivent miser sur les véritables solutions que sont l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, conclut le rapport de Greenpeace. Les experts du Giec affirment qu'il faut contenir l'augmentation globale de la température en deçà de 2 °C d'ici à 2100, si l'on veut éviter des dérèglements climatiques incontrôlables. Selon Greenpeace, relever ce challenge n'a rien d'impossible. En combinant mesures d'efficacité énergétique et développement massif des renouvelables, on pourrait diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2050 et de répondre à la moitié des besoins énergétiques mondiaux.

Pour en savoir plus :

Faux Espoir - Synthèse du rapport en français

False Hope - Rapport complet en anglais
 
Communiqué : Greenpeace France

07.03.2008

Un Plan Climat Energie Territorial dans ma collectivité

Les élections municipales approchent : il est temps de scruter les programmes des candidats. Dans ce cadre, le Réseau Action Climat appelle les candidats aux élections municipales à s’engager pour la mise en place d’un Plan Climat Energie Territorial sur leur collectivité.

Plus d’info sur le site du RAC

 

Les collectivités territoriales sont directement responsables de 15 % (1) des émissions de gaz à effet de serre via la gestion de leur patrimoine et de leurs domaines de compétence (transports, déchets, assainissement, gestion des espaces verts, etc.). Cette responsabilité est estimée à plus de 25 % avec les effets indirects de leurs orientations en matière d’habitat, d’aménagement, d’urbanisme et de transport.

L’élaboration d’un Plan climat énergie territorial (PCET) permet de lutter efficacement contre les changements climatiques, d’adapter les territoires à ses impacts et d’anticiper les probables obligations réglementaires, notamment celles discutées lors du Grenelle de l’environnement.
Les différents candidats doivent donc s’engager à mettre en œuvre un PCET en cas de succès au scrutin de 2008.

Objectif : Faire de la lutte contre les changements climatiques une priorité au sein des collectivités territoriales
Cette campagne souhaite obtenir des engagements clairs de la part des candidats aux élections municipales 2008 pour qu’ils intégrent dans leurs programmes électoraux la réalisation d’un PCET ambitieux en termes d’objectifs de réduction d’émissions et d’adaptation aux effets des changements climatiques.

Mesure : Élaboration d’un PCET ambitieux
Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 3 % par an en moyenne pour atteindre - 30 % en 2020, puis la division par 4 en 2050 (“Facteur 4”).
Le cas échéant : faire pression au sein du conseil d’Etablissement public de coopération intercommunale (EPCI) de votre commune pour l’adoption d’une stratégie climat.
L’objectif est d’apporter cohérence et coordination aux différentes initiatives au sein des communes membres, en élargissant les actions aux domaines de compétences propres à l’EPCI.

1 - Mission interministerielle sur l’effet de serre, novembre 2005. 

 

Source : Réseau Action Climat et les Amis de la Terre

03.01.2008

4ème rapport du Giec

"Tout converge pour montrer la part essentielle de l’homme dans le réchauffement du climat", a, de son côté, souligné Susan Solomon, présidente du groupe de travail scientifique en présentant le 4è rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec).

 

Une dépêche AFP résume ainsi le consensus scientifique : « Fruit des études croisées de plusieurs milliers de scientifiques, le pronostic livré aboutit à une perspective de +1,8 à +4°C d’ici la fin du siècle par rapport à la période 1980-1999, une "meilleure estimation" parmi six scénarios envisagés, du plus vertueux au plus débridé.

 

Ces valeurs sont donc des moyennes, prudemment adoptées par consensus entre les représentants des Etats, qui n’excluent pas un emballement jusqu’à 6,4 degrés dans le pire des cas et peut-être même deux fois plus aux pôles.

 

La température moyenne de la Terre s’établit actuellement autour de 14°C, 14,54°C pour 2007 selon les chiffres de la météo britannique.

 

Outre la hausse du thermomètre, celle du niveau des océans pourrait atteindre près de 60 cm, tandis que les experts jugent "très probable" que chaleurs extrêmes, vagues de chaleur et épisodes de fortes précipitations "continuent de devenir plus fréquents". »

Le problème n’est donc plus tant d’évaluer le phénomène. Il ne s’agit même plus tellement de "faire prendre conscience" aux responsables, puisque, tels Jacques Chirac, ils en font des tonnes. Le problème est bien de mettre en place les politiques concrètes qui permettraient de limiter la casse.

 

On trouvera en sur le site IPCC, les documents constitutifs du rapport du Giec, parmi lequel une synthèse de 37 pages (.pdf) "à l’intention des décideurs" (Summary for policymakers)

 

Source : Citron vert 

02.11.2007

Changement climatique : un gisement d’emplois

Le changement climatique sera déterminant pour l’évolution de notre société et de notre économie. Les études récentes révèlent que la lutte contre ce bouleversement ne se fera pas au détriment de l’emploi.

’ADEME & Vous, Stratégie & études’ est une lettre d’information régulière destinée aux décideurs du monde de l’environnement et de l’énergie, partenaires et contacts de l’ADEME. Chaque numéro est consacré à la présentation d’un sujet à vocation stratégique, économique ou sociologique : recherche et études, travaux de synthèse, propositions dans l’un des domaines de compétences de l’Agence. L’objectif est de faciliter la diffusion de connaissances et d’initier réflexions et débats.

« Le premier numéro de la Lettre Ademe & Vous – Stratégie & Etudes est dédié à un sujet d’actualité : l’analyse de récents travaux menés sur les perspectives d’emploi liées à la lutte contre le changement climatique.

Les résultats de ces recherches conduites en Europe par la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et en France par le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et l’ADEME indiquent que la lutte contre le changement climatique sera fortement créatrice d’emplois dans les années à venir.

Si l’étude de la CES met en évidence des pertes d’emplois dans les secteurs les plus gourmands en énergie -de l’ordre de quelques dizaines de milliers à l’échelle européenne- elle montre, en revanche, que pour ces secteurs des évolutions de métier sont à anticiper et que, surtout, de nombreuses créations d’emplois sont prévues dans d’autres branches : 12 % dans la production d’électricité, 14 % dans le logement, 30 % dans les transports, ce qui représente plusieurs centaines de milliers d’emplois créés.

A l’échelle française, le SER anticipe la création de 75 000 emplois dans le secteur des énergies renouvelables d’ici 2010. L’ADEME évalue à 50 000 le nombre d’emplois supplémentaires dans la filière bois-énergie à l’horizon 2015. En outre, selon l’ADEME, les travaux de rénovation énergétique dans les bâtiments pourraient créer rapidement 100 000 emplois supplémentaires.

Même si méthodologies et chiffres font encore débat, les tendances sont unanimes. Néanmoins, pour que l’offre de travail accède à ces gisements d’emploi, il faudra accompagner ces mutations et consentir à un important effort de formation. » (source l’Ademe & Vous).

 
Auteur : Alain Richard

Source : Citron vert 

19.10.2006

Livret Climat : une occasion ratée par le gouvernement

Les Amis de la Terre dénoncent cette mesure court terme purement politique et techniquement médiocre, et le mépris de la concertation dans le processus de décision. Les Amis de la Terre demandaient la mise en place d’un Livret Climat spécifique, proposé à l’unanimité par les banques. A cause d’un blocage bureaucratique du Ministère des Finances, l’ensemble du gouvernement démissionne. Le financement de la lutte contre le changement climatique attendra.

En faveur d’un Livret Climat spécifique, il y avait unanimité des banques au sein de la Fédération Bancaire Française (une première), un soutien total de la société civile, l’intérêt du Ministère de l’Environnement, de l’ADEME, de la Mission Interministérielle de l’Effet de Serre, et à l’évidence le soutien des parlementaires de la mission d’information sur l’effet de serre, des fédérations professionelles du bâtiment et des professionels des énergies renouvelables, de l’isolation et des éco-matériaux. Seul, le Ministère des Finances refusait d’avoir à gérer un produit de plus. Contre tout bon sens, c’est Bercy qui a gagné la partie et l’ensemble de l’Etat qui a laissé faire.

Avec un Livret Climat spécifique, l’ADEME avait chiffré le potentiel d’épargne collectée après trois ans à 10 milliards d’euros. Cela aurait permis un changement d’échelle réel dans le financement de la lutte conttre le changement climatique pour le secteur crucial du bâtiment, ainsi qu’une sensiblisation massive du public via les immenses réseaux bancaires. Le Livret encourageait également, en aval, la création de nombreux emplois locaux dans le secteur du bâtiment.

Sébastien Godinot des Amis de la Terre est furieux : « Comment le gouvernement peut-il se satisfaire du médiocre quand il y a unanimité sur un produit ambitieux ? Le verdissement du Codevi est plus complexe, plus coûteux, rend le suivi de la mesure presque impossible, et adieu la sensibilisation du public sur le climat et le bâtiment. Le taux est peu attractif, et la lisibilité du produit sera médiocre. Le produit embarasse plus les banques qu’il ne les intéresse : elles ne feront pas d’effort. »

Il ajoute : « Paradoxe total, le gouvernement parle d’urgence à agir mais laisse Bercy bloquer une avancée potentiellement massive et soutenue par tous. Force est de constater que pour ce gouvernement qui ne sera plus là dans six mois, l’efficacité en profondeur de la mesure contre le changement climatique n’a aucune importance : seul compte l’effet d’annonce. »

L’annonce d’aujourd’hui fait en outre preuve d’un mépris profond du processus de consultation sur la révision du Plan Climat. L’annonce finale était attendue à la fin du mois seulement ; les ONG, consultées au tout début du processus, n’ont pu s’informer ensuite de l’état des négociations que par des fuites et n’ont pu réintervenir adéquatement. Le Réseau Action Climat, dont les Amis de la Terre sont membres, jugera l’ensemble de la révision du Plan Climat : elle commence très mal.

Contact presse :
Sebastien Godinot, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 92 / 06 68 98 83 41